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La lumière de Noël : un « éclat ravissant »

L’apparition du 27 novembre 1830 a lieu le premier jour d’un temps liturgique bien précis : « le samedi soir, veille du premier dimanche de l’Avent ».
La liturgie de l’Avent nous invite à préparer nos cœurs pour accueillir le Christ, Lumière du monde. Le 27 novembre 1830, Marie se présente à Sœur Catherine comme une femme inondée de lumière, comme celle qui précède le Soleil de Justice, telle « l’aurore avant le jour ».
Dans la Bible , la lumière symbolise la présence de Dieu : « Le peuple qui a marché dans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur les habitants du pays de la mort, une lumière a resplendi ». C’est en ces termes que le prophète Isaïe présente le mystère de l’apparition de la grâce de Dieu parmi les hommes. C’est aussi en ces termes que le Nouveau Testament et l’Eglise présentent le mystère de Noël : une lumière qui resplendit dans les ténèbres. Dans son évangile, Luc relate l’apparition des anges aux bergers : « La gloire du Seigneur les enveloppe de sa clarté ». La lettre de saint Paul à Tite l’exprime autrement : « La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée », autrement dit : la miséricorde, la bienveillance et la gratuité de Dieu qui nous aime le premier se sont déjà clairement manifestées.
Le 27 novembre, veille du premier dimanche de l’Avent, Sœur Catherine découvre, avec Marie, la beauté du monde, aimé et sauvé par Dieu. La relecture de ces événements, à la lumière du mystère de Noël, nous offre quelques pistes pastorales pour entrer, avec Catherine, dans la lumière infinie de Dieu, source d’amour et de joie pour tous.
Is.9,1 ; Lc.2,9 ;
Tt.2,11.

I - La lumière infinie de Dieu dans le coeur de l’Immaculée

« J’ai aperçu la Sainte Vierge debout, habillée de blanc, une taille moyenne, la figure si belle qu’il me serait impossible de dire sa beauté. »
 Depuis le 18 juillet 1830, Sœur Catherine connaît par expérience la douceur, la tendresse, la délicatesse de Marie. Dans cette relation en profondeur, elle a contemplé ce visage qui traduisait la vérité de son être et son mystère. Toutefois, au cours de la deuxième apparition, Sœur Catherine est encore plus frappée par la beauté inexprimable de Marie, toute rayonnante d’une merveilleuse lumière. La grâce de Dieu se reflète sur son visage, ce qui fait dire à Catherine : « sa figure était si belle que je ne saurai la dépeindre ».

Marie, mystère de l’humanité nouvelle

 Le 27 novembre, Marie révèle, à Sœur Catherine, l’origine de son rayonnement : c’est son identité profonde « conçue sans péché ». Elle est Immaculée, pleine de grâce. Sœur Catherine découvre en Marie Immaculée la « Nouvelle Création », la créature qui bénéficie de la Résurrection dès le premier instant de sa conception. Elle est la première œuvre du Christ Ressuscité. Après Jésus, elle est la première ressuscitée et montre que si l’humanité du Christ a réussi, son projet de salut a réussi aussi. Marie, la première sauvée, est le modèle de l’humanité. Elle reflète la gloire qui irradie le Christ de la Transfiguration, comme elle irradiera un jour les ressuscités.
La couleur « or » de la vision, tant du petit globe que des lettres de l’inscription « O Marie conçue sans péché… », ne nous laisse-t-elle pas pressentir le mystère de notre humanité dans la gloire de Dieu, à la suite de Marie ?

Marie, la terre qui accueille son Dieu

Durant sa vie, Marie, toute ouverte et transparente à l’Esprit, s’est laissée entièrement façonnée par le Oui infini de l’Amour. En elle, c’est la terre qui accueille son Dieu. Au pied de la Croix, Marie est là pour recueillir le Don de Dieu. Elle est là, parce qu’elle est la Mère. Et elle est la Mère, parce qu’elle est là. C’est elle qui a porté la vie du Dieu qui meurt, cette vie dont Lui seul est la source. Au moment douloureux où Jésus donne sa vie pour le salut du monde, la Croix est plantée en elle comme un glaive. Le cœur de Jésus et celui de Marie sont si étroitement unis que, dans cet espace de communion dans l’amour, le disciple de toujours pourra puiser la vie de Dieu.

II –La lumière infinie de Dieu au coeur du monde

« La Sainte Vierge tient dans ses mains un globe doré surmonté d’une petite croix…Les doigts de Marie qui tenaient le globe se couvrent d’anneaux avec des pierreries. Il sortait de ces pierreries, comme par faisceaux, des rayons d’un éclat ravissant ».
Avant d’inviter Sœur Catherine à faire graver une médaille, Marie utilise une méthode pédagogique toute simple pour l’introduire dans le mystère de Dieu. Elle choisit des symboles accessibles à la compréhension de tous : un globe doré surmonté d’une croix, des rayons de lumière, une médaille, une date significative : le premier jour de l’Avent.

Le globe doré surmonté d’une petite croix

Par le globe doré surmonté d’une croix entre ses mains, Marie nous introduit dans le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption. Depuis Noël, le Christ est parmi nous et la lumière de Pâques illumine notre terre.
Puis, dans une attitude d’offrande, Marie présente à Dieu le monde sauvé, ressuscité. N’est-ce pas une vision prophétique qui désigne l’harmonie universelle de la nature et de l’histoire, des personnes et du cosmos, vers laquelle tend l’histoire humaine ?

Les rayons de lumière

Cette apparition, qui précède la période de Noël, peut nous inviter à rejoindre l’expérience des bergers de Bethléem. De la même manière qu’ils ont été conduits par une grande lumière vers Marie et l’Enfant Jésus, les rayons « d’un éclat ravissant » conduisent Sœur Catherine à pénétrer davantage dans le mystère de la grâce de Dieu. Les rayons de lumière qui émanent des mains de Marie sont le symbole de l’amour de Dieu qui vient déchirer les ténèbres en nous et dans le monde.

Les pierreries « sans rayons »

Dieu nous a visités et nous a manifesté son amour infini jusqu’à en mourir sur une Croix. Il nous visite encore aujourd’hui pour renouveler sans cesse notre monde de l’intérieur par la grâce de son Esprit. Mais l’action divine du salut n’est réellement efficace dans l’histoire humaine que si elle passe par nos cœurs. Dans l’évangile, la présence de Jésus parmi les hommes n’apporte pas automatiquement le salut : bien au contraire, il y en a qui l’ignorent ou le refusent : « les siens ne l’ont pas accueilli ». Les pierreries « sans rayons » ne nous font-elles pas penser à ce verset du Magnificat : « Il renvoie les riches les mains vides » ? Marie ne nous fait-elle pas comprendre notre difficulté permanente à nous tourner vers Dieu, à lui donner la première place dans notre vie, à lui demander sa grâce pour vivre en enfant de Dieu. Comme les bergers qui ont reçu l’annonce, nous sommes invités à entrer, de plus en plus, dans l’esprit de pauvreté évangélique : « Heureux les cœurs pauvres, le Royaume de Dieu est à eux ». Marie nous rappelle l’importance de le demander chaque jour dans la prière.

III – Témoigner de la lumière infinie de Dieu

 De la même manière que les bergers « s’en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu », Sœur Catherine est envoyée, par Marie, annoncer ce qu’elle a vu et entendu et « faire graver une Médaille sur ce modèle ».
Comme pour les bergers, l’expérience privilégiée de Sœur Catherine a transformé son cœur. Toute sa vie devient signe d’espérance, de joie et de bénédiction pour les autres, une lumière qui brille dans la nuit des épreuves et des souffrances des hommes. Au cours des 45 années de service humble et simple à Reuilly, Sœur Catherine communiquera, à chacun, la beauté de Marie qu’elle a contemplée, un certain 27 novembre.

IV – Un signe nous est donné

Comme les bergers à la crèche, Sœur Catherine a vécu, elle aussi, une expérience extraordinaire avec Marie. Comme le dit saint Paul à Tite: « La bonté et l’amour de Dieu pour les hommes se sont manifestés ».
Le 27 novembre 1830, un signe nous est donné ! Voici Sœur Catherine porteuse d’une consigne précise : faire frapper une médaille à l’effigie de l’Immaculée, qu’elle a vue rayonnante des dons de Dieu. Elle souhaite qu’on porte cette Médaille et qu’on la répande. Ce cadeau de Marie ne nous révèle-t-il pas un Dieu qui vient à notre rencontre pour nous donner sa paix et sa joie ? Par la Médaille, Marie nous laisse un signe de sa présence unie à celle de Jésus : « Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde ». La Médaille est non seulement un don à accueillir mais aussi une tâche à accomplir.

Porter la Médaille : un don à accueillir

Porter la Médaille, c’est donner à Marie l’hospitalité de notre cœur, la prendre « chez nous » et l’invoquer avec le cœur : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».
Porter la Médaille, c’est accueillir Marie et entrer dans le rayonnement de son amour maternel pour apprendre d’elle à « faire tout ce qu’Il nous dira ». C’est devenir, comme elle, terre d’accueil pour Dieu au cœur du monde, donner naissance à Dieu aujourd’hui.
Porter la Médaille, c’est nous ouvrir à la présence du Ressuscité dans notre monde et Le rejoindre dans le service des frères.

Donner la Médaille : une mission à accomplir en « réciprocité »

 Marie nous appelle à être, non pas des « distributeurs » de médaille, mais à « rayonner » son sourire, à diffuser la lumière du Ressuscité. Offrir la Médaille est une occasion d’aller à la rencontre de l’autre, à la manière de Marie et de Jésus.
Pour accomplir cette mission en cohérence avec le message de la Médaille, deux attitudes, parmi d’autres, sont indispensables :
- La première est l’accueil de l’autre et le regard de foi. Sans écoute attentive et respectueuse de l’autre, il ne peut y avoir de témoignage authentique. Car, si nous sommes appelés à devenir « lumière » ou « médaille » pour les autres, il nous faut aussi savoir reconnaître en eux la lumière de Dieu et les regarder comme des « médailles », porteurs d’une parole de Dieu qui nous évangélise.
- La deuxième attitude est l’humilité. Comme Marie l’humble servante, notre comportement et nos paroles doivent communiquer ce que nous avons nous-même reçu de Dieu. Comment témoigner du Ressuscité sans être habité par Lui ?

Conclusion

Avec Sœur Catherine, apprenons à nous laisser rencontrer, regarder par le Christ et à nous exposer à son regard pour voir le monde comme il le voit.
Ouvrons notre cœur à la beauté et à l’humilité de Marie, « Etoile de l’évangélisation », afin de devenir, comme Elle, reflet de la Beauté et de l’Humilité de Dieu.
Laissons l’Esprit Saint faire naître en nous une « nouvelle création » afin d’aimer le monde et de l’ordonner dans le sens du Royaume de Dieu.
1 Cor.15,43 - Jn 1,9 - Lc 2,20 - Tt.3,4 - Mt.28,19
Cf. Jn.19,27 -
Jn.2,5.

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